Flore exceptionnelle

Répartie dans les 5 régions biogéographiques de Madagascar et dans 3 formations différentes (primaires, secondaires, cultures), la flore présente 3 points caractéristiques : la diversité, l’endémisme et l’archaïsme.

Les régions biogéographiques

Le domaine de l’est, sur la bande littorale orientale de 0 à 450 m d’altitude, exposé à l’alizé, humide en permanence et saison sèche atténuée, forêts denses humides sempervirentes.

Le domaine du centre sur les falaises de l’est et les hautes terres centrales de 450 m à 1 700m d’altitude : climat tropical de montagne aux températures plus faibles à écarts thermiques entre saison sèche et saison humide, forêts sclérophylles de montagnes, fourrés, forêts sécondaires.

Le domaine de Sambirano dans le nord ouest entre 0 à 1 870 m : exposé à la mousson, plus humide que dans l’ouest, faibles écarts thermiques, forêts denses humides, mangroves.

Le domaine de l’ouest : saison sèche très marquée, écarts thermiques très importants dus au mélange de températures continentales et maritimes, forêts sèches caducifoliées, savanes, mangroves.

Le domaine du sud : au sud et sud ouest, pluviométrie faible mais bien répartie dans l’année, températures moins élevées mais amplitude thermique annuelle faible, savanes et bush subarides.

Diversité

Selon les scientifiques, 13 000 plantes vasculaires (peut-être même 16 000!) sont présentent à Madagascar et ils continuent de découvrir et de décrire des nouvelles espèces. La Grande Île est un paradis pour les botanistes et chercheurs. Les nouvelles molécules, les huiles essentielles provenant des plantes locales font le bonheur des laboratoires et sont un avenir pour l’humanité. De même, les orchidés et les plantes décoratives d’origine malagasy sont prisées par les collectionneurs. Sans être exhaustif, voici quelques unes de ces plantes connues, originaires de la Grande Île : Ravenala ou arbre du voyageur, flamboyants surtout Delonix regia, épines du Christ (Euphorbia milli), jasmin de Madagascar (Stephanotis madagascariensis), palmier trièdre (Dypsis decaryi), palmier bambou (Dypsis lutescens), orchidée comète ou étoile de Madagascar (Angraecum sesquipedale).

Endémisme

89,2 % des 11 600 plantes vasculaires décrites sont uniquement de Madagascar :

  • 6 des 8 espèces de baobabs du monde alors que l’Afrique et l’Australie n’en comptent qu’une chacune respectivement
  • 97 % des palmiers

L’endémisme se situe même au niveau des familles : au moins 8 familles endémiques sont présentes à Madagascar, parmi elles les Didieracées, les Sarcolaenacées, etc. Des plantes très archaïques.

Mammouths végétaux

L’existence des espèces et genres très archaïques du Gondwana appartenant à des familles connues à l’état fossile datant du Crétacé en Afrique caractérise la flore malagasy. Les Takthajania perrieri (Winteracées), Ascarina sp (Chlorantacées), Cinnamosma sp (Cannelacées),  Cryptocaria sp, Beilscmedia sp (Lauracées),  Dicoryphe sp (Hammamelidacées), Ravenea sp, Voanioala sp (Arecacées) sont des véritables fossiles vivants, joyaux de la flore malagasy.

Une richesse menacée et malmenée

La pauvreté ambiante et la mauvaise gestion politique favorisent les pillages de toutes sortes (feux de brousse, cultures sur brûlis, charbonnage, coupes et exportations illicites des bois précieux comme l’ébène ou bois de rose et palissandre, etc.) et menacent de faire disparaître à jamais les essences autochtones.